Folio 36 - Tracés géométriques mnémotechniques Folio 36 - Tracés géométriques mnémotechniques
Folio 36 - Tracés géométriques mnémotechniques
Paris, Bibliothèque nationale de France, Département des manuscrits, Français 19093
"Ci comence li force des trais de portraiture si con li ars de jometrie les ensaigne. por legierement ovrer. Et en lautre fuel s(on)t cil d(e) le maçonerie."
"Ici commence la méthode des tracés de figures comme l'enseigne l'art de géométrie pour oeuvrer facilement. Et, sur l'autre feuille, il y a celles de la maçonnerie."
Comme ces dessins présentent surtout des personnages humains ou des animaux, de précédents commentateurs ont eu tendance à assimiler, de façon anachronique, le terme de "portraiture" à celui, moderne, de "portrait". Or, "portraiture" au XIIIe siècle, et encore au XVIe siècle, est le substantif correspondant au verbe "portraire", qui signifie simplement dessiner, tirer des "traits". Ces commentateurs ont pensé qu'il y avait là une méthode très fruste pour faciliter le dessin. L'esprit d'observation et l'habileté artistique de Villard rendent déjà cette hypothèse très peu plausible, mais, surtout, on ne voit pas, en examinant ces dessins, comment les traits qui recouvrent les personnages pourraient, tracés préalablement, faciliter ou guider, de quelque façon que ce soit, le dessin.
L'affirmation de Villard de Honnecourt qu'il y a là "des tracés de géométrie utiles pour ouvrer facilement" a convaincu aussi Roland Bechmann que ces figures recouvraient tout autre chose qu'un système naïf pour faciliter le dessin. Encouragé par le compagnon des Devoirs unis, Renaud Beffeyte, auquel il a fait part de ses remarques et qui pense que ces figures ont une signification pratique mais en même temps ésotérique et symbolique, il s'est attaché à les décrypter.
Six des têtes dessinées sur cette page ont la particularité commune d'être limitées au bas du cou par un arc de cercle qui est relié de façons diverses au graphisme qui sous-tend le dessin. D'autre part, certaines figures paraissent suivre une gradation, tant par ce qu'elles évoquent en matière de géométrie que par les sujets représentés.

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